Rodri, l’artisan de l’ombre couronné Ballon d’Or 2024

Le monde du football a été secoué ce lundi 28 octobre, lorsque Rodrigo Hernández Cascante, plus connu sous le nom de Rodri, a été couronné Ballon d’Or 2024 lors d’une cérémonie à Paris. Cette consécration inattendue marque une rupture : pour la première fois depuis 2006, un joueur au profil défensif triomphe dans une compétition où les attaquants règnent d’ordinaire en maîtres. Rodri, pierre angulaire de Manchester City et de la sélection espagnole, a prouvé que la grandeur ne réside pas uniquement dans les buts inscrits, mais dans l’intelligence et l’influence tactique au service du collectif.

Rodri, maître de l’ombre et architecte du succès

Le parcours de Rodri est exemplaire. À 28 ans, il a été le moteur de la machine collective dirigée par Pep Guardiola. L’année dernière, c’est lui qui avait inscrit le but décisif en finale de Ligue des champions face à l’Inter Milan, offrant à Manchester City son premier sacre européen. Même si les Citizens ont été éliminés cette saison en quart de finale par le Real Madrid, l’impact de Rodri a été indéniable, et il a conduit l’Espagne à un sacre mémorable à l’Euro 2024.

Son triomphe est une récompense pour l’humilité, la discipline et la constance, des qualités parfois négligées dans un football moderne dominé par les chiffres et les performances spectaculaires.

Le Ballon d’Or est attribué après le vote d’un jury de journalistes représentant les 100 premières nations au classement FIFA, une méthode qui valorise la diversité des perspectives dans l’évaluation des performances des joueurs.

La colère de Vinícius Jr et le boycott du Real Madrid

L’attribution du Ballon d’Or à Rodri n’a cependant pas été bien accueillie par certains. Vinícius Jr, figure emblématique du Real Madrid et favori pour cette distinction après une saison étincelante, a réagi avec déception. Peu après l’annonce, il a déclaré :

« Je le ferai 10 fois s’il le faut. Ils ne sont pas prêts. »

Avec une Ligue des champions remportée et des performances régulières, Vinícius espérait inscrire son nom au panthéon des légendes. Son élimination en quart de finale de la Copa América semble avoir compromis ses chances.

En signe de protestation, le Real Madrid a boycotté la cérémonie. Dans un communiqué cinglant, le club a exprimé sa frustration :
« Si ce n’est ni Vinícius ni Carvajal qui sont couronnés, cela démontre que le Ballon d’Or manque de cohérence. Le Real Madrid ne peut se rendre là où il n’est pas respecté. »

Suite à ce boycott, les organisateurs de la cérémonie ont tenté d’apaiser les tensions :
« Aucun joueur ni club ne sait lundi après-midi qui a remporté le trophée », ont-ils affirmé à l’AFP. « Tous les clubs et les joueurs sont logés à la même enseigne », ajoutant que le Real ne pouvait pas savoir à l’avance si un de ses joueurs serait sacré.

Cette absence du Real Madrid a également suscité des réactions sur le tapis rouge. Le sélectionneur espagnol vainqueur de l’Euro 2024 a commenté :
« Ce n’est pas bon pour le football qu’une entité comme le Real Madrid ne soit pas présente à un gala de cette dimension. »

Aitana Bonmatí continue de dominer le football féminin

Chez les femmes, aucune surprise. Aitana Bonmatí, cheffe de file du FC Barcelone, a décroché un deuxième Ballon d’Or consécutif, confirmant sa suprématie. Cette distinction récompense son rôle central dans les triomphes de son club et de l’Espagne sur la scène internationale.

Distinctions marquantes de la soirée

•   Ballon d’Or masculin : Rodri (Espagne – Manchester City)
•   Ballon d’Or féminin : Aitana Bonmatí (Espagne – FC Barcelone)
•   Trophée Kopa : Lamine Yamal (Espagne – FC Barcelone)
•   Prix Socrates : Jennifer Hermoso (Espagne – Tigres)
•   Trophée Yachine : Emiliano Martínez (Argentine – Aston Villa)
•   Trophée Gerd Müller : Kylian Mbappé (France – PSG/Real Madrid) & Harry Kane (Angleterre – Bayern Munich)
•   Meilleur entraîneur :
•   Masculin : Carlo Ancelotti (Real Madrid)
•   Féminin : Emma Hayes (Chelsea)

Une consécration qui redéfinit les critères du succès

Le Ballon d’Or 2024 restera dans les annales comme l’édition où le collectif a supplanté l’individuel. Rodri, par son intelligence de jeu et son dévouement, incarne cette évolution vers un football plus mature. Son sacre rappelle que la beauté du sport réside autant dans la maîtrise silencieuse que dans les actions spectaculaires.

Chaque distinction de la soirée reflète la diversité du football moderne et met en lumière les efforts collectifs comme individuels dans un sport en constante évolution.

Jean Pierre Styve/ Fouye Rasin Nou( FRN)

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