Dans la nuit du 23 au 24 août 2026, Kenscoff a de nouveau été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux hommes de la coalition Viv Ansanm. Selon le maire de Kenscoff, Jean Massillon, au moins 30 personnes ont été tuées. Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) évoque pour sa part un bilan provisoire de 30 à 40 morts et de 15 à 20 blessés, tout en soulignant qu’il demeure difficile d’établir le bilan définitif.
Des maisons ont été incendiées au cours de l’attaque, de même qu’une église qui servait notamment de refuge à des familles déplacées. Des habitants ont également rapporté la disparition de proches. Selon l’Associated Press, un agriculteur de Kenscoff, Mathurin Pierre, a déclaré avoir perdu 14 membres de sa famille, tandis que d’autres personnes restaient portées disparues.
Face à ce nouveau drame, le gouvernement a dénoncé une attaque qu’il qualifie d’odieuse et assuré que les forces de sécurité étaient en état d’alerte maximale. Dans un communiqué, l’exécutif a notamment promis que « Kenscoff ne sera pas abandonnée », annonçant le déploiement de renforts et affirmant que l’autorité de l’État serait rétablie « sans faiblesse et sans délai ».

Mais ces déclarations rappellent surtout un refrain désormais familier. À chaque nouvelle attaque, les mêmes promesses reviennent : renforcement des dispositifs de sécurité, reprise du contrôle du territoire, rétablissement de l’autorité de l’État. Pendant ce temps, les habitants continuent de compter leurs morts, de rechercher leurs proches et de fuir leurs maisons.
À Kenscoff, le problème n’est plus seulement celui des mots employés après chaque massacre. C’est celui de leur capacité à produire des résultats. Car lorsque les communiqués se succèdent tandis que les attaques, elles aussi, se répètent, une question finit inévitablement par s’imposer : combien de vies faudra-t-il encore perdre avant que les promesses de protection deviennent une réalité ?
FOUYE RASIN NOU (FRN)